Il est un endroit où un enfant s’est effondré
Surpris par une balle perdue qui ne lui était pas destinée
Touché brutalement dans son innocence
Il pleure sa vie qui glisse doucement comme une absence
Sur cette terre brûlée de soleil
Il sent la caresse froide de la mort qui veille
Le corps couvert de cette poussière crayeuse dans laquelle il est tombé
Il ne souffre pas et ne sait pas pourquoi il ne peut plus bouger
Pourtant, il voudrait se lever et continuer de courir
Comme tous ceux qui ont réussi à s’enfuir
Mais il ne peut pas
Puis il ne veut pas
Ses petits doigts grattent tendrement cette terre qui l’a vu naître
Et qui le sent doucement disparaître
La ruelle était si bruyante avant que retentissent les détonations
Puis, il y eu cette peur et cette horrible déchirure dans son dos comme une ponctuation
Cruellement portée sur sa jeune et délicate vie
A l’aube où l’existence convie l’enfant à l’envie
Il n’entend plus rien comme si le monde avait disparu
En l’abandonnant dans cette petite rue
Il sent bien des hommes le prendre et l’emmener
Mais un ange est déjà venu le chercher.
Il est déjà trop tard et trop loin
De ces individus qui s’évertuent à le sauver en vain…
Des milliers d’endroits dans ce monde décharné de toute humanité
Où le sang d’un enfant innocent a coulé
Des milliers d’endroits où la cruauté assassine l’enfance.
Des milliers de rues maculées du sang de l’innocence….
( Quelques larmes d’encre pour un enfant qui est tombé. Quelques larmes de mots pour que cette image ne soit pas un souvenir perdu, effacé par le temps… )
( Flo, mes mots du cœur : copyright 2007)
Rien qu’une larme …
Une grosse larme s’est échappée
De ses yeux obstinément fermés. 
Le long de sa joue elle a glissé
Dans son cou elle a semblé hésiter
Entre rejoindre son cœur brisé
Ou la quitter pour la libérer…
La larme est devenue sanglot,
A donné naissance au ruisseau,
Si vite devenue rivière,
Partie se noyer dans la mer…
Pour laisser s’écouler l’hiver
Elle a pris le même chemin
Que cette larme rebelle
Echappée de son chagrin
Qui lui semblait éternel.
Dans l’océan de sa larme
Doucement elle s’est glissée
Nue, abandonnée, sans arme,
S’offrant comme une noyée…
Mais l’aube enfin s’est levée
Déchirant l’obscurité
Eclairant sa nudité
Lui apprenant à nager…
Elle a repris sa douce larme
Qui dansait au gré des vagues,
S’est revêtue de ses armes
Avec l’espoir comme bague…
Elle est sortie de l’eau salée,
Puis doucement s’en est allée
Vers un imperceptible été
Qui demain la réchaufferait.

Dans sa main , bien serrée,
Sa larme s’est mise à chanter
Le courage d’exister
Malgré des plaies jamais fermées…
( Flo, mes mots du cœur : copyright 2006)